Hyppocrate, Baudelaire et Trakl

 

 

Les humeurs sont des liquides qui déterminent la santé du corps et l’état de l’âme. Le bon équilibre est obtenu entre les quatre éléments fondamentaux définis par leurs antagonismes qualitatifs :

Qualités                    éléments     saisons            organes                  humeurs
froid/sec                   TERRE        automne         rate (spléna)          bile noire (mélankholia)
chaud/sec                 FEU             été                    foi                            bile jaune
chaud/humide         AIR              printemps      coeur                       sang
froid/humide           EAU             hivers              cerveau                   flegme ou pituite

La maladie présentant un déséquilibre des humeurs, on obtient 4 différents tempéraments:

FROID + SEC = caractère mélancolique – la bile noire est prédominante. De là vient la tristesse.
CHAUD + SEC = caractère bilieux –  trop de bile jaune. De là vient la colère.
CHAUD + HUMIDE = caractère sanguin – trop de sang. De là la joie et la gaieté.        FROID + HUMIDE = caractère flegmatique – trop de flegme. De là le sang-froid.

 

 

En relisant Anywhere out of the world, on constate que les 4 lieux successifs que l’âme est invitée à rejoindre correspondent à cette classification :

– LISBONNE                 chaleur et humidité
– HOLLANDE               froid et humidité
– BATAVIA                    chaleur et sécheresse
– PÔLE NORD              froid et sécheresse

Mais aucun climat n’est en mesure de pouvoir rétablir l’équilibre de cette âme qui voudrait aller partout et n’importe où pourvu que ce soit hors du monde. L’état agité de ce qui veut être partout et nulle part en même temps, c’est celui que l’âme, décidément chose étrange sur terre, adopte  lorsqu’elle est à la recherche de l’essence de l’homme. La pérégrination dont nous entretient Trakl révèle que l’âme est finalement tournée vers le monde. Son étrangeté n’est pas le signe d’une appartenance à un arrière-monde ou à un hors-du-monde. L’âme étrangère, parce qu’elle tend vers la terre, n’est pas encore née. Elle est séparée, comme les morts ou les ingénérés peuvent l’être, des vivants.

 

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A propos karl sarafidis

Enseignant-chercheur Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Collège Universitaire Français de Moscou (MGU Lomonossov).
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